Ce que je pense de mon autoportrait ?

Jeudi 24 Juin 2010

"Ce que je pense de mon autoportrait ?
Qu'il est bien là où il est : dans ce livre. Je ne le regarderai plus de ma vie. Il y a tant d'autres visages à regarder. Le moindre de mes modèles m'intéresse plus que moi-même, voyons ! C'est qu'il y a un secret à découvrir. Pour moi, j'ai la clé - plus aucun intérêt. Quand on dit "les recherches" d'un peintre, c'est un euphémisme. Un peintre c'est un chercheur à chaque instant de sa vie. Je dis chaque instant. Du moment qu'il a les yeux ouverts. Quand il voit un corps nu, ou deux corps enlacés, ce n'est plus une étreinte pour lui, ce n'est plus un moyen d'excitation facile. C'est un enchevêtrement de courbes sublimes, c'est un feu d'artifice de la création de Dieu, au Paradis Terrestre. Chaque fois. Pour moi, le corps est aussi important que le visage. Le plus important, bien sûr, c'est le regard. Mais le regard, qu'est ce que c'est ? Une petite fenêtre où tremble un petit point blanc ouvert sur l'infini - l'énigme ? Alors, tout peut être regard. Dans mes toiles, qu'elles soient des paysages, des intérieurs, ou n'importe quoi, vous trouverez souvent le petit point blanc de la lucidité qui fait l'homme - et qui crée son angoisse".

Hilaire.

Camille Hilaire a écrit ce texte pour l'ouvrage de Gérard Mourgue, "Quinze autoportraits de peintres contemporains", publié en 1975 par les Editions Roissard à Grenoble.
Le tirage est de 75 exemplaires, numérotés de 1 à 75.

Christophe Berteaux


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